Stiegler et Bauwens : vers une économie du partage


Pour la transition vers une économie du partage de la connaissance et des biens communs

Rencontre publique avec Bernard Stiegler et Michel Bauwens

Stigler-Bauwens_ecotran14
Bernard Stiegler et Michel Bauwens sont bien parvenus à exposer l’état de leur réflexion et les projets en cours pour mener à bien cette transition

Source: http://polemictweet.com/pour-la-transition-une-conomie-du-partage-de-la-connaissance-et-des-biens-communs/polemicaltimeline.php#t=3219.5

Retranscription des présentations et des échanges ayant eu lieu le 16 septembre 2014, de 18:00 à 20:30 à la Petite Salle du Centre Pompidou à Paris
Notez que la retranscription qui suit n’est pas absolument intégrale et exacte. Elle s’est faite au fil de l’écoute. De plus en écoutant les conférenciers vous pourrez observer les remarques que leurs propos ont suscité dans le volet latéral gauche si vous sélectionnez “annotations”.

Introduction

par Lionel Maurel (@Calimaq), auteur des Éclats de S.I.Lex – Sciences Info Lex). spécialistes des questions de droit en rapport avec les sciences de l’information.

Présentation des Intervenants

Par Louise Merzeau (une référence incontournable pour penser l’identité en rapport à la mémoire à l’époque du numérique)

Michel Bauwens

Théoricien du Pair à pair, il a contribué à la mise sur pied de la fondation P2P (P2P Foundation) : http://fr.wikipedia.org/wiki/Michel_Bauwens

B. Stiegler

Philosophe, Ars industrialis

Fondateur de l’Iri (et en ce sens rend possible les séminaires “Écriture numérique et éditorialisation” co-organisés par Sens Public et l’Université de Montréal).

Articuler les pratiques de connaissance : organologie.

A été directeur de l’IRCAM et à la direction de la recherche pour l’IRA ?

Rapprochement avec les Humanités numériques

Ces préoccupations convergent vers les Digital Studies qui se préoccupent des orientations du savoir en rapport avec la transformation de notre rapport au temps par la technique.

Un postulat : rôle fondamental de la technique dans le processus d’hominisation.

Rapport avec l’Équateur où une expérience est tentée dans le sens d’une économie contributive.

Explication du fonctionnement du dispositif Polemic Tweet

Avec le mécanisme ligne de temps : PolemicTweet. #ecotrans14

On peut catégoriser nos tweets

++ D’accord

– – Désaccord

= = Référence

?? Questions

Parole donnée à Michel Bauwens, fondation P2P.

Michel Bauwens

Que font les civilisations qui sont face à des crises de ressources dans le passé (empire romain)?

1. Solidariser mutualisation des connaissances

2. Mutualisation des ressources (poids très léger au niveau de l’immatériel)

3. Mondialisation de l’économie

Aujourd’hui on constate l’équivalent : hackerspaces (1), fablabs (2), RB&B, le lourd se fait dans le local par des micro-usines alors que et les connaissances se font transmettre par les réseaux de partage.

Dans un objet 45% c’est de la dette, 33% c’est le transport. Donc on est en déroute économiquement mais on sait pourquoi.

Le coût des brevets, des droits de propriété intellectuelle représentent une autre opportunité d’économiser des coûts, de l’ordre de 1/8.

Lire le fair-use economy record.

C’est déjà une économie très développée l’économie contributive. 1/6 du GVP

On croit que le privé crée la valeur que l’état redistribue et le public ne sert à rien.

Mais dans ces pratiques d’économie ouverte, on crée et produit des connaissances par et pour les communs.

Exemple, pour l’énergie éolienne et solaire. Aujourd’hui en Allemagne 6% des énergies renouvelables sont le fait de groupes industriels, tout le reste est le fait de coopératives de développement économique.

Alors on a une communauté qui crée de la valeur dans les communs.

2è aspect : on a des coalitions entrepreneuriales (ex. Linux)

3è : Des associations non capitalises qui protègent la viabilité des activités de ces groupes.
Cela préfigure ce que pourrait une économie contributive.

Mais il faut changer des choses, car aujourd’hui l’économie des communs est captée par l’économie capitaliste. On a un phénomène de communisme cybernétique qui n’est pas auto-suffisant économiquement.

Ex. Facebook:

Toute la valeur d’échange est récupéré par la compagnie privée qui vend notre attention.

L’économie éthique supposerait une autre dynamique, car en ce moment il y a une contradiction. La licence est aux frais de la communauté et les entreprises privées en bénéficient sans réciprocité.

Michel BauwensImportance de réintroduire une réciprocité au niveau des échages économiques
Michel Bauwens souligne l’importance de réintroduire une réciprocité au niveau des échanges économiques pour que tous aient accès à la connaissance et à ses bienfaits

La clé c’est l’accès à la littérature scientifique : Lorsqu’on n’est pas chercheur (80% des gens au moins) n’ont pas accès aux contenus de connaissance. Et pareil pour l’éducation en pays pauvres. Peu de moyens de se procurer des outils performants. Alors que si avait des microscopes électroniques ouverts, des calorimètres ouverts, des colorimètres ouverts…

On pourrait en faire profiter tout le monde. L’accès à l’éducation et à la formation est le moteur du changement.

L’autre clé c’est l’Open value accounting. C’est un système qui permet de valoriser les contributions. Quand il y a du travail payant ce n’est pas uniquement les personnes qui font le travail sont rétribués car ils dependent de la dynamique générée par l’ensemble des travailleurs.

Ce sont des conditions immatérielles.

Pour être honnête le projet de la Gorilla Foundation qui a tenté d’appliquer ces approches n’a eu qu’un succès relatif.

Idéalement l’Équateur devait appliquer des stratégies similaires et en convenir lors d’un sommet. Mais des partenaires continueront de mettre en place un projet pilote. Mais Michel Bauwens et son équipe ont quand même réussi à faire en sorte que sont mis en place un programme intégré de réflexion sur les communs, et une transition vers les communs est officiellement amorcée. Et la transition continue en suscitant l’engouement ailleurs. Des sociétés des transports, des sociétés des eaux, à Barcelone, à Lisbonne, ailleurs.

On voit qu’il y a un processus de déprolétarisation qui est en train de se mettre en place.

_zazieweb a alors tweeté ceci, illustrant ce qui s’est fait à Barcelone :

Pour mémoire #fab10 From Fab Labs to Fab Cities https://t.co/yWgt8m0dMN #ecotrans14

Comment le processus de déprolétarisation passe par la mutualisation des connaissances et des ressources
Comment le processus de déprolétarisation passe par la mutualisation des connaissances et des ressources

Il y a un potentiel de créer une dynamique autour des communs.

Il n’y a pas que le privé et l’État. Il y a aussi les communs.

On doit viser un système ternaire où on peut être plus créatif au niveau des solutions politiques et sociales.

Cela est un reflet des projets de mutualisation de la connaissance, des infrastructures et de réinvention des communs au niveau de l’économie locale (nourriture, services financiers, etc.).

Bernard Stiegler

Il propose de parler de post-consummérisme plutôt que postcapitaliste.

Il remonte à la critique du taylorisme par Staline, mais il faut voir que c’est le modèle que l’URSS a adopté ensuite.

Le modèle consummériste est taylorien et keynésien et constitue un consensus social qu’on appelle le compromis fordiste (ce devrait être le compromis keynésien).

On devrait avoir trois chercheurs Un australien, deux italiens, et deux mexicaines. Eux aussi à Arsindustrialis sont en discussion avec l’Équateur.
Si l’Iri met en place une plateforme à Quito (où se construit un cluster de connaissances-production), et à Wataï, c’est que le ministre Ramirez mise sur l’économie sociale de la connaissance.

On devrait stimuler la multiplication des initiatives allant en ce sens.

Concernant les entretiens du Nouveau Monde Industriel, portant sur la ‟ vérité ” du numérique (enseignement et la recherche à l’époque des technologies du numérique (ou de l’algorithme)).

Nous sommes des industrialistes, mais nous croyons qu’il faut inventer une autre économie industrielle.

Cela passe par un processus de déprolétarisation, qui implique de mettre fin à l’emploi salarié.

Comme le dit un twitteur : « L’économie sociale de la connaissance est un open access intégral mis au cœur de la vie citoyenne… ”

Les choses bougent même si c’est difficile de parler de cela en France. Un réseau s’est mis sur pied. Le Digital StudiesNetwork / Réseau des études numériques

Ce n’est pas uniquement une mise en commun des connaissances. Car Google est un participant à l’économie de contribution. Mais elles sont hypertoxiques. Et il faut étudier en quoi elles induisent des effets dommageables. L’idée de parler de ce réseau est de développer sur l’organologie générale des savoirs.

L’idée en marche est de créer un laboratoire à Quito qui soit le coeur de ce réseau. L’avant-poste.

La technologie numérique rend possible un réarmement (comme on dit réarmer un bateau) des savoir-faire, des savoir vivre et des savoir concevoir et réaliser.

Il s’agit d’intervenir sur tous les fronts alors que toutes les formes de savoir ont été prolétarisées.

Ce n’est pas moi qui ai produit le comportement que j’adopte. Les conduites ont été prolétarisées vidées de leur valeur de lien.

Les savoirs théoriques sont aussi en cours de déprolétarisés.

Le premier à avoir contredit cette idée que les data theorists étaient les seuls penseurs nécessaires et que les ordinateurs se chargeraient des calculs, c’est Alan Greenspan.

Le problème est qu’on s’est dépêché de faire dépendre nos décisions d’algorithmes qui calculent très vite, mais sans encadrer leur application par une critique, soit une théorie économique validée par le jugement humain (à travers des processus de délibération collective).

En Équateur, 25% de la population n’a pas accès à Internet. Mais c’est un avantage au sens où une bonne part de ce que le web fait a été de dévoyer les potentialités de la connectivité.

On cherche un modèle différent des MOOCS, pour le partage des connaissances. Pour mettre en place ce genre de choses, il faut avoir une très grande ambition. Car pour mettre en place des modèles de ce genre il faut non seulement mettre en place des modèles alternatifs dans le web, mais des modèles alternatifs au web lui-même.

Certaines plaident pour une constitution à inclure dans le web du même. Très sérieusement il s’agirait de concevoir une éthique de l’application des algorithmes. Et de leur conception…

L’équateur est pris dans la transition et cela n’est pas facile.

Plusieurs universités sont en train de se construire, dont une en Amazonie. Mais ces projets doivent mettre en place dès le départ des protocoles d’éditorialisation qui rompent avec les pratiques traditionnelles. Ici, dans la ‟ Vieille Europe ”, on voit que des résistances sont très fortes et parfois cela se justifie.

Il y a beaucoup à faire en Équateur et on peut innover [cela me rappelle Rousseau qui voulait créer un projet de constitution pour la Corse (Note du transcripteur)]

PolemicTweet est un exemple, c’est une tentative de mettre en place une traçabilité des controverses politiques et scientifiques afin que l’on donne un relief herméneutique et critique au web que les stratégies de marketing tendent à rendre poli et lisse.

Pourquoi parler de tout ça? Parce que ce qui est important c’est la transition.

En Équateur il y a des forces qui voudraient se plier au modèle Obama et d’autres forces qui sont plus intéressantes.

Ars Industrialis croit que l’automatisation, à brève échéance, l’automatisation va se généraliser. Un article avait paru en Belgique. Il était une lecture d’études d’Oxford. La projection parle de 50% d’employés en moins. Or nos économies sont basées par cette idée d’emploi salarié (pour préserver le pouvoir d’achat). C’est ça qui constitue le programme de la social-démocratie. Le président croit qu’il peut retourner la courbe du chômage.

C’est la production d’externalités positives qui va devenir le moteur de l’économie. Ceux qui la créent doivent être rétribués.

Ils pensent que demain, le statut des intermittents du spectacle, qui est très spécial en France, qui à partir du moment où ils contribuent à une certaine hauteur sont considérés comme étant des créateurs de valeurs qui doivent être rémunérés pour cela. Ils poussent pour un droit à l’expérimentation afin de constituer des territoires qui sont outillés avec des technologies d’économie contributive.
Si nous voulons développer pouvoir expérimenter et en particulier avec la jeunesse des revenus contributifs de ce type, cela suppose de créer des instances contributives du savoir. Sinon, on les envoie au supermarché, ou ailleurs.

La question est de créer des externalités territoriales pour donner l’opportunité à tous les jeunes de travailler de la façon des intermittents du spectacle, où lors qu’ils ne sont pas en production, ils sont bien encadrés pour recevoir des formations les préparant à produire de manière plus créative.

Si vous voulez voir l’ensemble des présentations, avant de lire la retranscription de la période de questions et réponses, cliquez sur l’image:

Bernard Stiegler et Michel Bauwens répondent aux questions du public
Bernard Stiegler et Michel Bauwens répondent aux questions du public

Cela vous permettra aussi de lire les « annotations » (2è volet à gauche du vidéo).

Vous pouvez aussi continuer à lire les échanges qui ont suivi les présentations (fort intéressants) en cliquant sur ce lien de suite du billet.
Merci pour votre intérêt !

Période de relances et des questions

Première question : LM : Est-ce que cette nouvelle philosophie ne devrait pas intégrer ces dimensions même des rapports de force comme les tentatives d’enclosures, et ne pas seulement les penser comme des éléments de résistance.

Une autre question : LM: la question du numérique : non seulement investir le numérique mais faire évoluer l’architecture de l’information sur le web. Ne pourrait-on pas envisager de passer d’une pensée de l’outil (concernant le numérique) pour le penser comme environnement, ce qui implique de penser une écologie, le penser comme architecture.

Troisième question : relayé de Twitter : La plupart des concepts que vous manipulez, comment les concilier avec des situations de crise telles que les problèmes qui se posent sont d’abord des questions de survie.

Lionel Maurel : à MB : Proposer un nouveau modèle de licence, comportant un élément de réciprocité. Ce point lui paraît assez fort, car ce n’est pas encore intégré.

2ème LM2: Réaménagement vers un revenu contributif, quelle différence avec le revenu de base?

Michel Bauwens répond

En Irlande, eco-village… Différents niveaux d’intensificité devenu partage. Hacker space, et autres, sont des fonds de mutualisation de partage et de ressources font penser aux communautés de moines du passé. Mais on ne peut pas tout leur demander. Des problèmes culturels surviennent. Par exemple le fait que ce soient des milieux constitués principalement d’hommes. C’est un peu comme pour l’école. Elles sont aux prises avec des difficultés. C’est pourquoi il faut des politiques. Même dans les communs il y a des motivations égoïstes. Ils ont des intérêts particuliers comme tout le monde. Si on veut arriver à une égalité, il faut tenir compte en fonction de la durabilité. Dans le monde commercial, on créer toujours une rareté artificielle, en pensant que les défauts bugs etc justifieront la production d’un nouveau modèle dans peu de temps. Or pour les voitures d’auto-partage, conçues dans l’esprit des communs elles sont vraiment pensées en fonction de la durabilité. Et cela avec le craddle-to-craddle intégré dans l’éco-design, on peut faire une révolution vers le post-capitalisme.

Pour les situations de survie. Deux voies : facile vs difficile.
Dans le cas où les conditions se dégradent rapidement (voie difficile, ex : Grèce, Espagne) : on verra une innovation accélérée dans le sens de solutions viables.

L’Équateur représente la voie facile : le choix serein du gouvernement d’adopter cette voie alors qu’il a encore le choix.

On a besoin de ‟ rapid intervention teams ” comme le font les capitalistes charognards pour sauter sur les pays en déboires. Mais pour faire le contraire: les aider à se relever. C’est pourquoi on doit créer des ‛templates’, des ‛policies’. La P2P Foundation, ils n’ont rien inventé, il ne font que faire connaître des pratiques déjà existantes pour montrer que des ressources intellectuelles et des personnes motivées sont-là pour aller de l’avant.

Concernant le revenu minimum. Il y avait un revenu garanti minimum en Angleterre au XVIIè s. Il a fallu le détruire pour arriver à un marché libre. Si c’était possible on serait déjà en dehors du capitalisme. On est pour, mais c’est irréaliste car les aigles au pouvoir refuseront. Donc on peut parler d’un revenu de transition. En Espagne 25% de la population était moine. Ils étaient subsidiés. Et c’étaient des sociétés pauvres. Or nous sommes des sociétés riches donc c’est tout à fait possible.

Cela va aider à trouver des solutions aux crises.

Pour la licence : il n’y a qu’une exception. Ce sont les entreprises capitalistes qui ne contribuent en rien. Le but c’est de réintroduire l’éthique de réciprocité et non de refermer l’ouverture. Ex. Kropotkine, chap, 5 ‛Mutual aides in Medieval Cities ” Ils quittaient le monde rural en quête de liberté. Ils ont créé des chartes sociales, et la Magna Carta en est un bon exemple. Recréer des pouvoirs civiques autour de ces chartes qui peuvent se créer dans les communs mais aussi au dans les communautés territoriales.

B. Stiegler répond

Par rapport à ce que vient de dire M. Bauwens, en lien avec la première question de LM1 (Louise Merzeau), il indique l’importance de composer avec les dimensions curatives et toxiques de toute chose. ll voit la pharmacologie comme une politique de la composition. On s’oppose que quand on ne peut pas faire autrement. Il s’agit de devenir la cause de la situation que l’on subit. Cela ressemble à la logique du Maître et du serviteur, mais ce n’est justement pas ça (pas une dialectique). On a beaucoup de mal à concevoir comment on change d’échelle. Il y a des choses qui se passent bien à l’échelle 100 mais qui s’écroulent à l’échelle 1000. Pour ce qui est de passer de l’outil à l’environnement il est archi d’accord.

Il estime qu’il faut faire une épistémologie des milieux mnémotechniques. Plus aucun de ces savoirs ne peut se produire sans ces passages par ces médiations techniques qui sont des transformations radicales, donc oui, ne plus traiter la technique comme un outil mais comme un milieu. Il avait envisagé l’organologie générale en 2000 à l’IRCAM. Il s’agit d’un point de vue qui considère qu’on ne comprend rien aux faits humains si on n’envisage pas la dimension psychosommatique, la dimension technique, et les organisations sociales qui conditionnent nos rapports entre nos extensions techniques, nos organes et nous-mêmes. Puis la dimension géographique (et écosystémique) doit évidemment être prise en compte.

Du point de vue de la survie, mais il y a un poids de la question de la subsistance pour nos économies aussi, et il y a des savoirs extraordinaires qui viennent en partie des peuples indigènes, via l’anthropologie, l’économie du don?, on connait cela.

Pour le revenu de base, c’est nécessaire mais à condition qu’il y ait en sus un revenu contributif qui rétribue le véritable travail et qui relève d’une nouvelle politique de l’investissement collectif. On pourrait transformer.

Il y a des régions où 35% des gens vivent du SMIG. Proposons un investissement social à condition de mettre les hackerspaces.

Le problème du capitalisme c’est qu’il n’investit plus, il spécule.

Michel Bowens poursuit

Il n’y a aucun fond public pour les recherches sur les initiatives d’agriculture diversifiée, cinq types de méthodes sur une même ferme.

Ça met en évidence toute la question de la mise en commun des connaissances et de leur validation.

Autre exemple, une coopérative en Espagne. Ils vous proposent de faire faillite, ils vous rachètent votre maison, ils vous garantissent un loyer à vie. Leur philosophie c’est de quoi avez vous besoin pour faire ce que vous voulez faire.

Avant qu’on avait l’état social, ça venait du mouvement ouvrier. C’étaient des pratiques existantes du milieu ouvrier, qui ont été systématisées au niveau de l’état. D’où l’importance de soutenir ce genre de recherches pour comprendre ce qui se met en place dans les communautés.

Questions du public

Q1 David du pôle écologique …

N’y a-t-il pas une vision positiviste du numérique et un manque de critique du numérique, par rapport à des alternatives low-tech et autres.

Q2.

a) Idée que les moines nous aident date du 12è siècle n’est-ce pas revenir à la réforme sistercienne. Ça a pris 7 siècles.

b) Par rapport à l’Équateur, encore dominés par les hispaniques. Ils ont mis la protection de la Terre dans leur constitution. Par contre les autochtones ont ce qu’il faut. Mais nos préoccupations ne sont pas les mêmes.

Q3. Jacqueline Mediapard

Conception de la justice sociale dans la vision des communs.

Par rapport au salariat, l’enjeu de la justice sociale ne se pose pas qu’à un niveau local, relativement à la disparité Nord-Sud. Donc, comment cela pourrait se réaliser.

Équateur, idéaliser un pays où certes il y a une ouverture de recherche mais le président met en prison des humoristes, des journalistes, et qui a failli faire ferme un quotidien.

Réponses de Stiegler

Il considère que la posture de la conception pharmacologique est critique. Le numérique ne va pas tout résoudre. L’époque des ordres monastiques qui deviennent structurants c’est à partir de l’an mille. Il y a des éléments de conditionnement de l’organologie générale qui passe par des innovations technologiques. Et il faut les prendre en compte. Mais on peut mettre en place une vision véritbalement alternative.

Réponse de Bauwens

Logiciel libre, proche du communisme. Il n’y a pas de justice pour l’instant. On se contente de la liberté. C’est une forme de communisme sans cadre. C’est pourquoi il est important que de l’intérieur de ces mouvements il y ait des acteurs qui pensent ces questions. C’est le cas pour le Open Justice Accounting. L’exemple duM Hufftington Post montre que ce n’est pas le cas (qui achète une statup sans rémunérer les employés pour la prise de valeur) pour l’instant.

Pour ce qui est de l’exemple des peuples indigènes. Ils sont les plus rétifs aux licences ouvertes. Ils sont habitués d’être piratés. C’est pourquoi ils ont développé cette idée d’une licence basée sur la réciprocité. La seule fois où il a été ovationné c’était dans un contexte indigène pour du design agricole ouvert. Ils se rendent compte que les machines développées sont inaccessibles et les obligent à changer leurs modes de vie.

Ils proposent la notion de filia. Neil Stefenson, science-fiction : des écosystèmes globaux qui soutiennent des communautés qui produisent du commun. Qui a ‟ pionnié ” ça ce sont les indiens d’Autovalo, qui se sont mis en coopératives pour produire leur textile et produisent un tiers du PNB de cette région.

Q4.

Cartographie possible de ces territoires?

Q5. Attaché culturel de l’ambassade de l’Equateur.

Constate qu’on a avancé, qu’il reste beaucoup à faire, et que chaque contribution sera très précieuse. Il espère qu’on pourra faire une Minga entre tous, soit un travail en commun en langue andine.

Veut rectifier ce qui a été affirmé par la journaliste de Mediapart.

Q6.

Passage à l’échelle : peut-on imaginer une manière de les régulariser alors que souvent ces questions sont très locales.

Q7.

Crypto-monnaie, notamment en Équateur

Réponses de B. Stiegler

Par rapport à Q6. C’est le problème le plus important. Il y a toute une série de questions auxquelles il faut répondre. Pour le constat diagnostic, il faut voir que l’idéal du bottom-up ne fonctionne pas comme il prétend qu’il pourrait faire. Il propose une critique de l’économie politique libertarienne. En fait le revenu contributif doit passer à l’échelle en respectant la territorialité. D’ailleurs cela a un lien avec la cryptographie. Le web devrait être repensé pour permettre des contributions de haut en bas. Lien aussi avec la question du conflit. Sans cette systémique, il ne peut y avoir de passage à l’échelle démocratique.

Réponse de M. Bauwens

Ex. Pays-Bas. Chaque mouvement avait produit une carte de la ville, avec les petites flèches qui s’allument. Toute la ville était déjà remplie d’initiatives dans ces trois domaines, sans les mettre ensemble. Donc il y a des initiatives partout. Mais il faut un travail de synthèse. Mais il faut des fonds. En Allemagne, il y a un projet de mettre ensemble toutes les cartographies existentes dans un système unifié.

Est connu et haï pour avoir critique Bitcoins. Il aime pourtant le fait que ce soit un concept qui marche : première monnaie post-westphalienne qui n’est pas soutenue par un état. Et c’est Open Source.

Mais ce qu’il n’aime pas, il y a 90% réservés pour la spéculation. 12 personnes possèdent 70%. C’est produit aussi de manière monopolistique.

Mais un projet est de partir du fait que ce soit open source, pour lancer une crypto monnaie qui existe déjà qui n’a pas réussi, mais ils vont faire du crowdfunding pour faire une cryptomonnaie qui sera donnée à des coopératives pour leur permettre d’investir.

Une crypto c’est programmable et on peut la programmer en fonction de valeurs différentes que celles qui sont aujourd’hui dans bitcoin.

Problèmes d’échelle : Il y a quand même avec la production entre pairs, c’est au niveau financier. Le capital n’investit pas dans l’innovation qui n’est pas protégé par des droits de propriété intellectuelle. Ex. Wikispeed, 5 fois plus fuel efficiente.

Il y a quelque chose de problématique dans le système actuel.

Q8.

Si on s’autorise à passer par une monnaie alternative, on peut se permettre d’être très radical.

Tous les journaux on les paie pour qu’ils nous envoient l’information. À chacun de voir tous les emplois néfastes qu’il y a. Si on veut une société citoyenne, il faudrait faire du propre. S’ils ne veulent pas investir là-dedans, il faut tout refaire. Il ne faut pas oublier l’impact d’Internet, qu’est-ce qu’on peut faire pour avoir moins d’impact. Ex. vidéo HD consomme beaucoup de données.

Un élément déclencheur pourrait nous faire prendre conscience de l’importance d’une telle monnaie alternative. Ce seraient des espaces libres d’échange.

Q9. Bernard Leitard, s’occupe de monnaie…

Plusieurs problèmes y compris la compensation pour la contribution, pourrait se régler par des monnaies complémentaires. Les monnaies complémentaires comme solution systémique et stratégique. Qu’en pensons-nous?

Michel Bauwens

Ne croit pas aux alternatives des Hackers. Si on quitte facebook on ne communique pas où les gens se trouvent.

Pour les monnaies, youbyou, ou fabmonnaies, porté par les fablabs qui est un mouvement puissant dans le monde. Voir au niveau des communautés des communs qui créent des solutions.

B. Stiegler

Concernant la toxicité du net. la question c’est d’être capables de produire d’autres modèles d’agencement que ce qu’on retrouve. Il faut faire autre chose que Facebook et que ça se constitue autour de communautés d’intérêt qui sont absolument évidentes.

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