Tous les articles par Homegnolia

A propos Homegnolia

Homegnolia est la contraction (mot-valise) de Homélio Magnolia, nom de plume que je me suis forgé en 2007 au cas où je deviendrais écrivain... homegnolia est devenu mon identifiant sur Twitter. Je suis étudiant en littérature à la maîtrise (Université de Montréal). Mon mémoire porte sur la littérature numérique québécoise en rapport avec la culture numérique qui s'y exprime. J'aborde cette question du point de vue des humanités numériques, sous les angles philosophique, politique et socio-économique. Je suis aussi impliqué auprès de l'association Sens Public en tant qu'édimestre du site du séminaire "Écritures numériques et éditorialisation" depuis le cycle 2013-2014 (#edito13). Co-fondateur, secrétaire et webmestre d'Artial : art et social (art autochtone actuel).

Comment peut-on être une fleur ? — existence!

Une première neige vient de nous égayer de ses caresses visuo-tactiles ce matin (21 nov.) au Québec. Comme par contre-point anticipatoire, Jean-Paul Galibert publiait, il y a moins d’une semaine (le quinze) un billet doux donnant à humer les couleurs involues en volutes irrisées de la fleur. Enfin, il s’agissait d’une fleur. « L’absente de tout bouquet », disait Mallarmé. Idéale éphémère. À vous de voir à ce qu’elle ne soit pas un mirage.

Une fleur, c’est une coquille de couleur. Sans doute le jardinier, ou le botaniste, la définiront-ils tout autrement; mais ce qui demeure toujours à dire, c’est la fleur en son vécu, dans l’expansion de son vécu au notre. Comment peut-on être une fleur ? Telle est la question par où la fleur, si singulière en sa […]

via Comment peut-on être une fleur ? — existence!

ADDENDUM

J’en profite pour vous annoncer un évènement culturel qui fleure bon la rencontre avec l’intime des objets de passage/paysage via le regard peu objectif de lentilles voy(ag)euses.

Chers amis,

Deux photographes ayant voyagé et exposé ensemble, Anatoly Orlovsky et Yves Vaillancourt, vous invitent à une soirée le 24 novembre, à compter de 17h, à la Galerie MCM Créations.
Il y aura un encan silencieux autour des photographies provenant de leurs expositions passées, du vin et un piano.
L’adresse est 511 Duluth Est. Le métro le plus près est Sherbrooke et il y a un grand stationnement public plus au sud, à l’angle de Roy et de St-Denis.
Nous vous attendons!
Anatoly & Yves

bowriver_yves-vaillancourt

Bow River, Yves Vaillancourt
nadir-sucre_anatoly-orlovksy
Sucré Nadir, Anatoly Orlovsky

Les lignes qu’on n’a pas écrites…

Ceci sera un long tweet en retard…

Pourtant, celles et ceux à qui il s’adresse – le plus directement – bénéficiaient d’une heure de plus aujourd’hui étant donné que l’heure recule pour euxelles au fur et à mesure qu’ils progressent, vers l’Ouest.

Mais à cette heure-ci ils sont sans doute couchés, ayant à se lever tôt pour affronter une autre longue journée de route à travers le Manitoba (principalement, je crois) demain.

Il s’agit de Marcello Vitali-Rosati, mon directeur de recherche, Julie Tremblay-Devirieux, étudiante au doctorat, Erwan Geffroy, H. et A., les amours de Marcello, …

Pour comprendre un peu recherchez sur Twitter #transcan16 entre le 25 mai et le 27 mai 2016 (ou ici)

Mise en contexte autochtone : C’est vital

Alors que j’allais finalement taper la citation de Vers l’Ouest de Kerouac que je jugeais bon d’introduire pour illustrer ce que celui-ci avait pu ressentir au cœur de son périple de trois ans à travers les États-Unis et le Mexique, ma douce est rentrée d’un souper avec des artistes autochtones, dont Kathia Rock et Moe Clark (elle-même originaire de la Rivière Rouge, de la nation Métis à laquelle appartenait Louis Riel), car celles-ci étaient présentes, avec Joséphine Bacon (poétesse innue) et Véronique Audet (chercheuse en musique autochtone actuelle) pour la présentation des résultats d’un rapport intitulé C’est vital, portraits dynamiques de la production culturelle autochtone au milieu urbain au Québec. Anaïs () travaille à la Guilde canadienne des métiers d’art maintenant, après un engagement de 4 ans dans l’OBNL Artial : art et social qu’on avait créé en 2010, et qui était destiné justement à sensibiliser le public québécois à la vitalité (et donc au dynamisme) de la création autochtone au Québec et au Canada actuellement. On a fermé Artial en 2014, pour plusieurs raisons dont la naissance de notre fils, qui aura quatre ans dans un mois. Elle est crevée ces temps-ci, et en même temps ça va mieux que jamais, mais elle a besoin de repos après une soirée bien arrosée, alors elle est allée se coucher tout droit après m’avoir dit deux ou trois mots de la façon dont s’est déroulé l’évènement (une sorte de lancement pour cet important document, qui peut être téléchargé ici sur le site de desti-nations.ca) et que je lui aie déballé les grandes lignes du déroulement de notre soirée à l’inauguration du Skate-parc à Verdun avec F(iston) (ce seront là une part des lignes qui n’auront pas été écrites) et de sa journée au CPE géré par des Autochtones dans le même arrondissement de Montréal. Alors que j’allais compléter l’entrée de la citation de Kerouac que j’avais choisie pour faire écho au fait qu’ils se trouvaient à mi-chemin du trajet qui les conduira vers un colloque de Digital Humanities (Humanités numériques), le grand RV de la Société canadienne qui s’y consacre (CSDH/SCHN) pour 2016, où ils feront état de l’avancée de divers projets et de la signification de celui-là même qu’ils mènent en ce moment (Épuisement de la transcanadienne #transcan16)…

Voir le billet du blog de Marcello pour lire ses réflexions quotidiennes en lien avec ce qu’ils ont vécu http://blog.sens-public.org/marcellovitalirosati/

Interruption inopinée

C’est complexe tout ça. Je vais même m’interrompre un instant pour brancher le ventilateur car il a fait 29° à l’ombre aujourd’hui, alors mon iMac sue…

Sheer (chire) sua (sur la) sonance du beat d’l’alangue à Jack K…

C’est pénible de devoir suivre le fil d’une pensée alors que tout concourt à vous rejeter sur le bord du chemin (la chaleur, la fatigue, le fait de devoir prioriser la rédaction du mémoire sans manquer la moindre opportunité de vivre à plein le moment présent). «Sur le chemin» c’est d’même qu’Jack aurait coualé son Road Movie picturesque s’il avait pu aller au bout de son thrill d’écrire dans la langue de ses ancêt’ … Passk’il l’avait entamé dans c’teu langue-là, avec c’teu tit’ là « Sueu ch’min »… Créyiez moi crayez-moé pô… C’est pas moi qui l’invent’ c’tout un saga qui fait râler l’journalis qui a exhumé ces entreprenures de notre cousin d’Nue Ingland. Un dawmned canuck com nuz-aut’ icite au Québec … Mais il était trop pressé de pas se faire dammné l’pion par un aut’ rookie d’l’écriture à tout’allure qui allait ui voler son blend de la TNT dans le texte. Un que je me rappelle pas le nom, mais qui l’a pris de vitess. On the road fut écrit en 1951 et n’a paru qu’en 1957, fort remanié.

Reprise vers l’expulsion de la citation de Sur la route prétexte à ce billet

Fèk, j’reprends ma citation de Kerouac, pis l’une des raisons qui font que j’ai eu besoin d’extendre mon tweet un brin… c’é qu’y aurait pas été clair si j’l’avais prise dans les citations les plus populaires sur Babelio ou si c’était un mix de mon intuition de lecteur invétéré de briques philosophiques et littéraires pis de mon bol de cocu (c’t’une expression, jumpez pas aux conclusions) qui avait fait l’boulot de la dégotter celle-là…

Or c’est pas le cas (option 1), c’est vraiment le pif de mon doigt aidé de la jugeotte de mon oeil qui est allé repérer à vue d’nez yétait où l’milieu (approx) de L’original roll (traduit par Josée Kamoun) avait pu se trouver en faisant le pari qu’il recèlerait la « quintessence » quelque expression éblouissante de l’impression d’être perdu au milieu du chemin, afin que je puisse la sharer sur Twitter pour mes potes de #transcan16. Pis j’suis tombé sur la p. 342 de l’édition Galllimard de Sur la route (coll. « Du monde entier », 2010), et ça se trouve donc (vue l’imposante préface d’Howard Cunnell), à la 220e page de texte sur 385 de ce qui ne l’oublions pas constituait un rouleau fait de feuilles tapées (je veux dire reliées par du scotch tape) et tapuscrites, à l’allure de la mitraillette, comme faisait Steinbeck (et Neil quand il a su écrire  Dean retrouve son vrai nom dans le rouleau original…). Bref, la voulez-vous la sentence : bellavla :

Ma garce de vie s’est mise à danser devant mes yeux, et j’ai compris que quoi qu’on fasse, au fond, on perd son temps, alors autant choisir la folie.

Jack Kerouac, Sur la route. Le rouleau original, p. 342.

Si je l’ai reproduite ici c’est d’une part qu’il est trop tard pour que mes compagnons du TheoLiNum (Laboratoire de recherche sur les Théories de la littérature numérique) et autres qui suivent leurs pérégrinations scripturales et cybernétiques puissent la lire live… je prie pour qu’ils dorment à poings fermés… partiellement parce qu’elle n’entre pas dans 140 caractères, et puis, comme je viens de tenter de vous le communiquer dans une langue s’inspirant irrévérencieusement du franc-parler de notre fou-brack préféré, j’aurais pas voulu que vous croyiez que j’avais simplement repêché la citation figurant au haut de la liste de Babelio pour cet ouvrage phare des écritures de la route… sans l’avoir lu. Non, je l’ai lu, mais là j’ai juste évalué instinctivement où se trouvait le moment de révélation niché au cœur du roman où le récit se construit et j’ai mis le doigt sur cette phrase là, directement.

Pour quessé fére

Quel rapport avec le projet d’épuisement de la transcanadienne ?

Eh bé !… D’emblée je pense que c’est un projet un peu fou. Ensuite après une première journée où ils ont rallié Kapuskasing («là où la rivière courbe»… ce sera une ligne seulement évoquée), les membres de l’équipe d’explorateurs (appelons-les les épuiseurs) arrivent en pleine forêt d’épinettes, alors c’est là que l’impression d’errer peut susciter des remises en question. Pourquoi nous être mis dans cette situation ? Aussi, j’ai voulu leur renvoyer un reflet de ce que ce sentiment d’être perdu (ou à tout le moins désorienté : voir les tweets #onsaitplusouonest) pouvait provoquer comme affirmation d’une liberté. couv_CVital-rapport-cultautochtone_20160527-Desti-Nations

Image de ligne d’horizon s’apparentant à un échantillon de musique à masteriser         Illustration en couverture du rapport C’est vital.

Troisième pertinence de cette citation : elle a beau avoir l’air pessimiste, ce qui est beau c’est justement qu’il continue, il ne se laisse pas abattre par le fait qu’il est rejeté par lesparents de son ancienne femme, et il nous communique la réflexion qui lui est venue à ce moment-là, et qui fut un passage par lequel il a poursuivi sa route.

Lire la suite

« Nous étions endormis et nous nous réveillons » disent les Indignés français

J’ai le plaisir de vous inviter à lire le dernier billet sur Le blogue de quelqu’une (Ève-Marie, une amie) concernant #NuitDebout. Étiez-vous au courant ? Pourquoi on n’en parle pas ici (au Québec), alors que nous avons eu Occupons Montréal ?  Pourtant, il est important que les questions soulevées par ce genre de mouvement de protestation fassent débat. Il serait donc sain que cette information circule davantage dans les médias « de masse ».

Voir les activités à venir sur le site Convergence des luttes < https://www.convergence-des-luttes.org/ > … La mobilisation se maintiendra-t-elle suffisamment longtemps pour forcer le gouvernement « socialiste » (!) à abandonner cette  « loi du Travail » qui vise à donner plus de latitude aux employeurs au détriment des travailleurs (affaiblissant ainsi les acquis des luttes syndicales passées), et qui est présentement à l’étude en commission parlementaire ?

Le blogue de quelqu'une

4894520_6_bab3_des-centaines-de-personnes-se-sont-reunies_Le mOnde 1-04-16 Totalement ignorés par les médias québécois, des indignés en France sortent depuis 3 nuits intitulées initialement « Le 31 mars, on ne rentre pas chez nous » ou sur Twitter #NuitDeboutParis. Source : Le Monde, 01-04-16. Voir ici

Des centaines de personnes se sont réunies en assemblée générale, place de la République à Paris,  hier soir vendredi 1er avril 2016, pour la deuxième soirée d’affilée, #Nuit Debout.

Dans le sillage des Indignés espagnols de Podemos, d’Occupy Wall Street (ici localement : Occupons Montréal) ou du printemps arabe, le collectif improvisé Convergence des luttes (1) a appelé sur les réseaux sociaux à une «Nuit debout. On ne rentre pas chez nous». Ils manifestent depuis 3 nuits pour contester une loi libéralisant le Code du travail français  qui veut notamment favoriser les ententes locales avec les employeurs, ce qui pourra affaiblir encore davantage les travailleurs précaires et les jeunes avec de…

View original post 732 mots de plus

La mort ne l’emportera pas au Paradis

Petit « poème » pour nos amis belges

Je ne suis jamais allé en Belgique
Et pourtant, je l’aime
J’éprouve de la fierté à me sentir frère
De ces cousins qui ont du caractère

Nous sommes unis par notre humour
Qui ose soulever des questions sérieuses
Notre fragilité fait notre force, sans joke
Nous avons du cran, sommes (des) résistants

Et malgré les apparences de divisions
Qui ne sont pas à prendre à la légère, c’est clair
Notre cœur est à la bonne place, du côté
De l’humanité, de la lumière, de l’amour

Je me promets, dès que je peux, de faire
Un pèlerinage dans Bruxelles, la belle

Homegnolia (un Québécois)

 

 

 

Le dessin de Plantu paru dans Le Monde, ce 22 mars… de triste mémoire

 

Voir aussi une recension des interventions de Tintin par l’Oreille tendue

Mon nouvel avatar depuis hier soir...

J’arrive …

Vous rappelez-vous Brel ?

Allons, Paris, tiens-toi bien …

Je cite de mémoire…

C’est un fait, souvent celle-ci défaille.

Se souviendra-t-on encore dans quinze ans de ce vendredi 13 sanglant ?

J’ai recommencé à fumer. Ça n’a rien à voir avec le choc provoqué par l’actualité. C’était pour me récompenser d’une petite rentrée d’argent.

Je venais de boucler un petit contrat de numérisation du fonds de Lux Éditeur. Transposer La Mentalité américaine, de Howard Zinn, de LaTeX à ePub. Tout s’était bien passé, même si quelques « mystères » eurent à être résolus. J’avais pu rendre le produit final cinq jours avant l’échéance (je m’étais donné du lest: avec la rédaction du mémoire et un stage en enseignement du français, il fallait).

Depuis deux jours j’avais pu me remettre à la rédaction du mémoire. Je suis à analyser les éléments de culture numérique dans La Science des lichens de Mahigan Lepage. C’est un roman, de l’autofiction, comme on dit. Ça se passe à Paris. Un étudiant québécois en rédaction de thèse, loge à Paris dans une chambre exiguë d’un édifice où avait déjà vécu Descartes.  Mais, là encore, ça n’a rien à voir. Si ce n’est que j’avais recommencé à fumer, parce que je m’étais acheté un paquet des cigarettes pour me récompenser d’avoir terminé ce petit contrat, et que ça m’amenait à prendre des petites pauses supplémentaires, sur le balcon arrière de notre appartement au troisième étage. Alors, j’ai le temps de réfléchir un peu à une autre manière de rendre les idées.

Hier au cours des attentats, j’ai suivi assidûment les évènements. J’ai relayé l’information via Twitter. Le Bataclan, c’était d’abord quinze morts ; puis, suite à l’assaut des forces spéciales, c’était 100 😦 J’étais sans voix… J’ai transmis le nombre (qui allait être revu à la baisse, puis qui regrimperait…) et j’ai ajouté à #attentatsParis le hashtag #100voix. Vous comprenez bien que je faisais aussi références aux voix perdues (et pas uniquement, par homophonie, à ma gorge nouée). Et ça ne comptait pas les presque trente autres victimes déjà dénombrées. Je n’ai pas beaucoup fumé pendant ce temps-là. J’étais branché sur itélé.fr (@itele) et ce n’est que lorsque ma femme est rentrée avec mon fils, et que celui-ci a demandé à voir Sam le Pompier, que je suis allé décanter un peu toutes ces émotions. Par la suite, j’ai remplacé mon avatar par une image de gargouille contemplant Paris la larme à l’œil réalisée par G. Duguay, un montréalais (voir-l’image complète au bas du billet). C’était pas que par solidarité, dans la mesure où je suis Français par ma mère. Alors, je suis encore plus réceptif à la douleur des Parisiens en ce lendemain d’assauts revendiqués par Daesh.

Et, justement, ce matin, avec la peine languissante qui découle de ce genre de drame accrochée au cœur,  je fumais une cigarette. Et on a beau dire, on a la sensibilité à fleur de peau, et les éléments naturels de l’environnement, même en ville, revêtent un caractère plus symbolique qu’à l’habitude. Je regardais le décor des arbres qui sont une source d’apaisement car ils sont grands et assez nombreux à dépasser le toit des triplex de mon secteur du Sud-Ouest de Montréal. Ainsi, j’ai vu deux oiseaux qui sont passés au dessus-de moi, filant contre le vent qui souffle légèrement de l’Ouest.  Comme ils étaient très haut, leurs silhouettes étaient noires, car ils contrastaient, en contre-jour, avec la blancheur teintée de gris luminescent des nuages qui recouvrent le ciel en ce samedi 14, qui nous apporte les prémices de l’hiver. Pour cette raison, puisque je ne décelais pas la couleur de leur plumage, je me suis demandé s’il s’agissait d’hirondelles ou de pigeons. La forme de leurs ailes (que je pouvais bien voir se découper, car ils fendaient le vent en planant) me faisait penser à celle des hirondelles. J’ai pris un cliché mentalement quand ils sont passés juste au-dessus de ma tête. J’ai comparé avec les images emmagasinées dans ma mémoire, et j’ai réalisé que j’avais des souvenirs de silhouettes de pigeons qui avaient la même forme. Vue leur taille j’ai compris que c’était bien des pigeons. Ça m’a fait penser que les pigeons, dans le fond, peuvent être aussi gracieux et délicats que des hirondelles. Et puis les deux sont réputés pour être des messagers. On dit qu’une hirondelle ne fait pas le printemps. Pourtant, lorsque les hirondelles volent bas, on dit que cela annonce la venue d’un orage. En général, je suis moi-même peu superstitieux. Par contre, il m’est arrivé de sentir avec une puissance étonnante que des coïncidences sont porteuses de sens. De manière analogue, je suis parfois ému à la vue de simples volatiles, ces cousins du monde animal qui partagent aussi une origine commune avec les dinosaures, les oiseaux. C’est injustifiable rationnellement, mais je suis porté à m’imaginer que leur passage, leur apparition dans mon champ de vision, n’est pas dénué de signification.

J’étais à me dire qu’ils allaient dans la direction opposée aux attentats, lorsqu’une feuille, attachée jusqu’alors à un arbre mince et effilé, plutôt chétif, proche du balcon des voisins de gauche, s’est détachée et, alors que le vent s’était apaisé, a chuté, sans virevoleter,  à plat, ralentissant sa descente. C’était probablement la dernière attachée à cet arbre peu fourni de toute façon, et dont je ne connais pas l’essence.

On oublie aussi souvent de s’informer de l’essence des choses.

J’ai alors senti le besoin de présenter cette sensation de flottement, exprimant la tristesse de ce jour, et l’impression que les éléments parlaient un langage qui n’était pas sans rapport avec l’épreuve qui secoue la population de l’Ile-de-France. Nous communions du sein des observations les plus banales avec ce qui se joue de plus dramatique sur d’autres continents.

Voilà, tous ces détours pour introduire ces trois vers, dédiés aux Parisiens, en particulier aux morts et aux blessés, ainsi qu’aux familles et aux amis des victimes de ces attentats meurtriers.

Le peuplier élève mon regard
Deux pigeons filent vers l’amont du fleuve
Une feuille rousse choit en silence

J’arrive…

Pourquoi ce titre?

Peut-être parce que je voudrais bien pouvoir voler à tire-d’ailes vers cette ville si estimée et que j’aime. Alors, il faudrait interpréter les paroles de Brel, moins comme l’expression d’un défi, que comme un cri d’encouragement : « Tiens-toi bien… » au sens de « Tiens-bon! ».

Si je me rappelle bien, c’est la fin du couplet de Brel que j’ai commencé à citer, en ouverture de ce second billet de Fractions. Mais il se peut que j’aie la mémoire courte, et/ou que je n’emploie pas les termes exacts. D’ailleurs, d’abord et avant tout, plutôt que de ‘fin’, il conviendrait peut-être mieux de parler de suite.

Mon nouvel avatar depuis hier soir...
Gargouille de Notre-Dame-de-Paris, versant une larme en contemplant Paris endeuillée, suite aux attentats du 13 novembre 2015.

Mais, quel rapport avec les oiseaux ? C’est que les oiseaux que j’ai vus, filaient vers l’Ouest, puisque le fleuve, c’est le Saint-Laurent. Ils semblaient donc fuir les violences. En même temps ils filaient contre le vent. C’est dire que le vent soufflait vers Paris. J’imagine que je me suis dit que si j’étais un oiseau, j’aurais aimé avoir eu plutôt le réflexe de profiter de cette impulsion pour me rapprocher des personnes dont la vie venait d’être chamboulée, ou carrément fauchée. J’avais donc l’envie de croire que nous ne sommes pas impuissants. Alors, « J’arrive » c’est aussi dire ce que les mots peuvent mieux faire que moi face à la mort de mes compatriotes. Exprimer un désir. Parisiens, mes amis et mes frères, j’aimerais être auprès de vous pour soigner vos plaies, vous réconforter, vous communiquer la chaleur de ma solidarité.

Excusez-moi, je dois m’arrêter là, je viens d’entendre un petit « Papa ! » fuser hors de la chambre donnant sur le corridor. C’est mon fils qui vient de se réveiller de sa sieste.
Allez…

« J’arrive ! »

Le concept d'un projet du Studio Magnussen : "Sphère publique - sphère privée"

Point de vue – un premier pas dans « Fixions »

J’ai un profil pas mal « portable » (au sens de « qui a beaucoup bougé » et qui est « mobilisable » pour de nouvelles transformations) : sciences, communications, philosophie, médiation culturelle, production de livrels, humanités numériques, engagement communautaire, écologisme et enseignement de la littérature… Ça fait – dans le désordre – beaucoup d’avenues empruntées (et j’en omets), poursuivies (pas toujours) et que je continue de tenter d’entretenir (dans certains cas) avec plus ou moins de succès, de sorte qu’il m’arrive de me sentir quelque peu égaré, et de douter de la cohérence de mon parcours…

On pourrait dire que mon cheminement est « atypique ». Mais mon cas devient quelque peu compréhensible (et pourrait devenir de plus en plus représentatif), dans la mesure où on considère les bouleversements que notre société « désorientée » traverse et les remises en question « existentielles » de plus en plus nombreuses et persistantes que ces turbulences provoquent. Si la culture et la communauté ne savent plus où donner de la tête, comment s’étonner que les « citoyens » ou les « membres » qui composent un « pays » (on sait qu’avec le Québec, cette question n’est pas réglée), ou une « nation » (et le statut de celle-ci est variable : pensez aussi aux Premières Nations… sans parler des Métis), s’engagent sur une multiplicité de sentiers au cours de leurs vies et présentent une feuille de route plus éclatée avec des détours plus nombreux que ceux qui caractérisaient les cheminements personnels et professionnels de leurs parents (c’est encore drôle : les hippies devenus fonctionnaires ou banquiers ne sont pas rares).

Or, j’arrive à une croisée des chemins, « jeune » papa, ayant enfin terminé la scolarité de maîtrise en littératures de langue française, sur le point d’entamer un stage en enseignement du français au collégial (avec des jeunes de 17-18 ans de la « couronne Nord » de Montréal – au CÉGEP Montmorency de Laval), je suis « producteur de livrels » à mon compte (c’est ce qui dit mon profil LinkedIn) pour Lux éditeur principalement, jusqu’à présent (suite à un stage en édition numérique réalisé chez cet éditeur québécois indépendant et engagé à l’automne 2014). Et, si je pourrais être la cible d’attaques du démon de midi vu mon âge bientôt respectable, je suis surtout la proie d’un désir persistant de déployer le « trésor inexploré » de ma créativité…
C’est un cliché, mais c’est une véritable question : devrais-je consacrer une partie de mon « précieux » temps (jusqu’à présent dévoué – ces six dernières années à tout le moins – à de multiples causes qui me tiennent à cœur, de la protection de l’environnement à la sensibilisation du public québécois à l’art autochtone en passant par les humanités numériques et les questions philosophiques associées à la généralisation de l’usage des nouvelles technologies) à l’expression de points de vue plus personnels sur le monde, la vie et le soi (individuel et collectif) qui requièrent peut-être que j’emploie les ressources de l’art, à commencer par l’écriture littéraire ?
Ce questionnement m’occupera encore longuement, je crois. Par conséquent, ce serait illusoire de penser que je parviendrai à résoudre les dilemmes qui y sont associés, simplement en tentant d’extérioriser les enjeux par la rédaction d’un billet. Et j’espère que cette section sera le témoin d’une évolution sensible de ma réflexion à ce sujet.
En effet, j’en profite – puisque cette question-projet me travaillera désormais de manière « durable » – pour fonder une nouvelle catégorie sur ce blogue, que j’avais l’intention d’ouvrir depuis longtemps, et qui s’appellera « Fixions« . Évidemment, ceci se veut une référence (homophonie) à la « littérature » dont on résume souvent la signification à sa dimension « fictionnelle ». Alors, en quoi les « fixions » différeront-elles de « fictions » conventionnelles ?
Je ne peux le prédire d’emblée.
Mais la racine du nom de cette nouvelle catégorie de billets, évoquant (comme les précédentes d’ailleurs) quelque chose comme un nouveau « genre » littéraire, étant le verbe « fixer »… on peut entendre dans ce choix de graphie légèrement en rupture avec l’orthographe du terme usuel (ce qui est cohérent avec la ligne éditoriale de ce blogue, inscrite en son nom même, Ruptare), la volonté de souligner le caractère artisanal du fait de produire une œuvre d’art. Du moins est-ce le cas, si l’on admet qu’à cette fin (afin de créer une « œuvre originale qui se tient ») on doit se doter d’un point d’appui, avoir un système de références, quitte à le construire de toutes pièces (le plus souvent en récupérant des matériaux empruntés à l’environnement), pour pouvoir déployer une toile, délier un fil narratif, mettre en images une scénario… Comme on le dit en BD, on se dote de planches, pour asseoir les idées artistiques que l’on étalera dans les pages de livres imprimés (et désormais aussi numériques) pour le plus grand plaisir des lecteurs, amateurs du genre. Mais un point de vue est forcément quelque chose qui requiert une prise de recul, une circonscription de l’objectif, à partir de la définition d’une perspective. C’est l’optique dans laquelle elle a été conçue qui fait l’unité de la planche, pas ses limites physiques, qui n’ont plus guère de sens en contexte numérique.
Mais ne nions pas l’importance du support. Elle est tout aussi fondamentale en musique, où l’on adopte certes une approche esthétique, mais où on doit aussi se doter d’un canevas, afin de pouvoir intégrer les différents lignes mélodiques et structures rythmiques dans une forme englobante, que tissent les différents « phrasés ». Tous les discours artistiques qui occupent un certain espace (imaginaire), y compris ceux qui se déploient davantage sur le plan auditif (et qui ont donc davantage trait au temps que les arts visuels), même dans les genres improvisés comme le jazz ou la performance ont recours à une architecture au moins implicite, reposant sur des matériaux structurants tels des accords, des lignes harmoniques, brefs des éléments susceptibles d’être reconnus,  ce qui équivaut à se munir d’une grammaire. Ce qui est compréhensible parce que chacune a besoin d’un code pour communiquer. Un artiste a beau être génial il ne saurait être entendu s’il ne développait une voix narrative pour élaborer un propos qui puisse être interprété serait-ce à toute vitesse... tel une esquisse !
Évidemment, je résume à gros traits. Mais c’est cet aspect forcément « fabriqué » de l’art, sa dimension technique, que je souligne par la condensation de la fonction de la création dans ce ‘x’ qui se substitue au ‘ct’ central dans « fictions ».
Et il est permis d’y lire également un clin d’œil à l’implication numérique de cette dimension artisanale de toute création littéraire et autre (a fortiori hybride ou transmédiale), soit à la composante de langage de balisage (comme le XML ou ses dérivés comme le sont les langages SGML et les autres formats de documents structurés comme le XHTML) qui se rapproche de la programmation, notamment depuis l’inclusion du Javascript dans le HTML5 et du HTML5 dans l’EPUB (avec l’établissement de la norme EPUB 3).
Finalement, tout est-il une question de conventions? Je ne saurais m’y résoudre. Mais je suis bien forcé de reconnaître que l’interprétation demeure le passage obligé du sens… ce qui n’enlève rien au fait que l’auteur(e) et ses lectrices et lecteurs sont libres de confectionner le point de vue à partir duquel ils/elles engageront leur conversation. Et, par ce motif, ils/elles se définissent comme sujets d’un regard (ce qui les construit en partie).
C’est donc en tant que pseudo-pionnier d’un « nouveau territoire » – qui s’instaure (cybernétiquement) sous les pas qu’il rend possible – que je m’efforce d’avancer dans une direction (que je tenterai de cartographier au fur et à mesure). Mais je suis convaincu que, quelle que soit l’issue de cette échappée, ce sera des questions suscitées par ces propositions (sous-tendues par les « pas/explorations » que constituent ces billets) qu’émaneront les véritables (opportunités de) renouvellements de perspectives 🙂

À vous de jouer, alors… Faites vos propres découvertes et tentons de fusionner, serait-ce imparfaitement, nos horizons !

Le concept d'un projet du Studio Magnussen :
Sphère publique – sphère privée (développement du concept d’un projet de design par deux membres du Studio Magnussen)

L’image en tête de cet article est un recadrage du plan présentant le développement du concept du projet Sphère publique – sphère privée par Jérémy et R. Thibeau pour le Studio Magnussen (tous droits réservés) http://arpc167.epfl.ch/alice/WP_2011_S3/magnussen/archives/3018