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Découvrez le portfolio de Fabrix Livres (le site)

J’ai encore 10 articles à publier pour faire le tour des projets réalisés  comme producteur de livrels (livres numériques).

En attendant, j’ai tout de même publié l’ensemble des couvertures des livres que j’ai réalisés au format ePub et PDF interactif dans le portfolio de Fabrix Livres, le site spécialement dédié à mes activités de «réalisation de livres numériques de qualité»*.
Elles sont accompagnées d’une brève description.
Celle-ci comprend un lien direct vers la lecture d’un extrait du livrel présenté.

Pour voir l’ensemble de mes réalisation réunies en une seule page sous forme de vignettes, sélectionnez portfolio dans le menu «Réalisations» ou cliquez sur l’image illustrant cette page ci-dessous.

Capture d'écran du portfolio de FabMx
Un aperçu du portfolio de Fabrice Marcoux sur Fabrix Livres*

Pour ce qui est du présent portfolio (dans la section «Fabrix livres» de Ruptare), voici la liste des titres à propos desquels j’ai pu témoigner de mon expérience jusqu’ici :

Lorsque des billets expliquant ma démarche sont publiés ici, l’article du portfolio là-bas* y fait référence.

Pour conclure, dans le portfolio de Fabrix Livres (le site), tous les livres ont une entrée. Mais elle n’est pas aussi élaborée qu’ici, sur Ruptare.

Naviguez vers les entées du portfolio de l’atelier de FabxMx sur mon blogue personnel, grâce aux flèches ci-dessous ou au moyen de la liste ci-haut, pour découvrir ce que j’ai appris en réalisant les projets décrits.

* Il s’agit là du site Fabrix Livres, dédié à mes activités de réalisation de livrels au format ePub : http://fabrixlivres.wordpress.com

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Un livre qui donne son nom à une collection

Les livrels que j'ai réalisés pour Lux éditeur feront progressivement l'objet d'une présentation accompagnée de commentaires indiquant des apprentissages que ces expériences m'ont permis de faire. Voici l'un de ces témoignages d'expérience en édition numérique. Questions et commentaires bienvenus !

La différence, c’est le nombre

Futur(s) proche(s), un Chomsky canonique

Futurs proches est la traduction française de Hopes & Prospects*, de Noam Chomsky…

C’est l’ouvrage qui a donné son nom à la collection «Futur proche» de LUX éditeur.

Avec Comprendre le pouvoir, ce recueil d’analyses des impacts des politiques américaines dans le reste du monde – qui a pour sous-titre «Liberté, indépendance et impérialisme au XXIe siècle» –  est un des ouvrages les plus importants de Chomsky dans le domaine de l’analyse géo-politique.

Qu’est-ce qui fait que ce texte ressort comme un ouvrage canonique, alors même qu’il présente plutôt la forme d’une anthologie ? D’abord, il faut savoir que, selon Milad Doueihi (auteur de La Grande conversion numérique) la culture numérique est une «culture anthologique».

Futurs proches de Noam Chomsky a donné son nom à la collection où est paru Démocratie.com d'Astra Taylor
La couverture de Futurs proches. Un «inventaire des horizons possibles» dressé par Noam Chomsky. Lux Éditeur, 2011. Conversion ePub, hiver 2015…

Ensuite, pour ce qui touche à l’ouvrage lui-même, outre la clarté de l’exposition, son intérêt réside dans le fait qu’il fait le tour de nombreuses questions qui pertinentes pour notre temps, et liées par la question des rapports des États-Unis à l’étranger. Le message en est un d’espoir, comme le titre anglais l’indique, car même si l’avenir paraît s’être assombri depuis l’élection de Trump à la présidence de cette super-puissance, la leçon que l’on tirait de la lecture ce Chomsky est justement que le changement devrait venir du progrès de la démocratie dans les autres pays, notamment en Amérique latine. Mais la puissance de cet assemblage de textes pouvant paraître tout de même assez hétéroclite vient de ce qu’une constante les traverse (et c’est là –  la stabilité – un des fondements du concept même de canonicité), soit le fait qu’ils aient toujours été écrits avec le même souci d’être intelligibles, tout en faisant confiance à l’intelligence des lecteurs. C’est une conception humaniste et pragmatique de la «probité intellectuelle», comme dirait Nietzsche. Ce que je veux dire par là est que Chomsky se comporte comme un bon pédagogue en nous traitant en adultes. Il ne nous cache pas que ce qu’il nous livre, ce sont ses interprétations, et il nous laisse la responsabilité, en tant que lecteurs de tirer nos propres conclusions à partir des faits qu’il expose en abordant des questions  complexes sous un angle spécifique. La question qui sous-tend l’ouvrage est celle de l’avenir de la démocratie et si les lecteurs veulent être honnêtes, ils devront s’efforcer de reformuler eux-mêmes des réponses dont la valeur sera en partie tributaire de la qualité des sources citées.

C’est pourquoi la démarche de Chomsky, ici comme dans ses autres ouvrages consiste à nous demander implicitement de vérifier si les éléments d’informations sur lesquels il s’appuie pour effectuer ses affirmations sont bel et bien fiables. Et évidemment, on ne doit pas perdre de vue que ces analyses ou résultats d’enquête sont eux-mêmes des interprétations au service d’une argumentation. À partir de là, l’important est de pouvoir ouvrir la réflexion et de débattre.

Les deux parties de la critique : l’argumentation et les faits

Ainsi, pour que l’ouvrage conserve sa crédibilité, la clé est dans l’ouverture de l’écriture à la critique. Ce qui implique que l’on puisse approfondir la réflexion tout en creusant la question de savoir si les références citées sont elles-mêmes fiables. Une partie de la tâche de lecture consiste donc à s’assurer que les arguments soient cohérents. C’est ce que le court délai imparti pour réaliser la conversion du fichier de LaTeX vers ePub et PDF interactif ne me laissait pas le temps de faire. Mais une autre partie du travail d’évaluation des thèses avancées consiste dans la critique des sources, en fonction du/des contexte(s)… Or pour être en mesure d’apprécier les citations et les références à leur juste valeur, encore faut-il y avoir accès… Avec ce livrel-là, le défi ce furent surtout les très nombreuses références et leur vérification afin de s’assurer qu’elles soient toujours à jour. En conclusion, c’était un beau défi, Futurs proches de Noam Chomsky.

La question du nombre est… multiple !

Dans le domaine de l’édition numérique, il est facile de se laisser désorienter par la quantité de considérations techniques qui accaparent notre attention les unes après les autres.
Or, la question de la quantité d’opérations est déterminante.
Jusqu’à quel point est-il possible d’automatiser les tâches ?

Évidemment, si tout l’ouvrage avait été conçu avec la publication de la version ePub, qui suppose que l’on respecte les principes des documents structurés, les choses devraient bien se passer.
Mais les documents réalisés avec InDesign sont remplis, lorsqu’on les convertit en ePub, de plein de code inutile qui brouille les pistes et ne nous facilite pas la tâche. Et faire le ménage là-dedans, est le genre de souci qui risque de nous détourner d’un autre travail fondamental : celui de vérifier les sources, car même si Chomsky est un chercheur rigoureux, et LUX une maison d’édition fiable, le temps ayant coulé sous les ponts, il se peut qu’il y ait des références à des articles publiés sur le web qui ne se trouvent plus là où ils étaient.
Alors il faut chercher. Et ce sans trop compter le temps…

Le numérique c’est plus que des nombres, et l’éducation en ressort grandie !

Mais, le nombre, c’est aussi dans la question de la multiplicité (ou non, si on court vers l’homogénéisation) des avenirs que la réflexion critique nous ouvre, qu’il se trouve (ou qu’il trouve son compte).
Sans oublier qu’il (le nombre) est dans l’idée de «numéricité» elle-même. Mais celle-ci déborde largement le nombre et inclut des dimensions humaines et herméneutiques, culturelles et psychologiques, voire spirituelles, qui ne s’y réduisent pas. Car, c’est d’abord et avant tout une question d’éducation relative à ces nouvelles pratiques, propulsées par les supports hypermédiatiques, et les dynamiques de réseautage (des personnes et des écritures numériques, logicielles et littéraires) qu’ils (ces supports/dispositifs) rendent possibles.

Et la nécessité nous pousse à promouvoir la mise en valeur des différences.

De la prospective à la critique du présent, il n’y a qu’un pas… trois cas proches de nous

La collection «Futur proche» a vu paraître Democratie.com d’Astra Taylor. Le sous-titre en est «Pouvoir, culture et résistance à l’ère des géants de la Silicon Valley». Je vous le recommande.
C’est aussi dans cette collection que fut publié Dépossession. Une histoire économique du Québec contemporain. (Tome 1: Les ressources). Comme vous le constatez avec la couverture, il y a eu renouvellement de la charte graphique. Je ferai état des défis particuliers que la réalisation de ce livre numérique a posées dans la fiche le concernant de mon portfolio. Éventuellement, il vaudra la peine d’élargir la réflexion pour aborder la question des rapports entre l’édition numérique et les liens entre politique et esthétique.


* Chomsky, Noam, Hopes & Prospects, Londres, Penguin Books, 2011, 336 p. <https://www.penguin.co.uk/books/176272/hopes-and-prospects/>

Pour lire d'autres souvenirs des défis intéressants que représente l'édition, même «homothétique», de livres numériques (livrels), rendez-vous dans la sous-section «illustrations de ma démarche» («portfolio») accessible via la section «cheminement» (qui renvoie au CV) sous l'onglet «Fabrix livres» du menu principal.

Un baptême de feu par la bande de l’Histoire des Amériques

Réalisation des versions ePub et PDF interactif de Québec sous la loi des mesures de guerre. 1918

Au moment où j’ai été recruté par la petite maison d’édition indépendante québécoise, LUX éditeur, pour effectuer un stage en édition numérique vers la fin septembre 2014, j’ai renoncé à produire immédiatement Sœurs volées qui était un livre important (un essai/reportage d’Emmanuelle Walter sur le drame des femmes autochtones disparues et assassinées), parce que je voyais bien que cela représenterait un certain défi que de mettre à ma main les feuilles de style utilisées pour la réalisation des livres numériques précédemment parus (produits par l’équipe de M. Bergeron).

Québec sous la loi des mesures de guerre. 1918 (couverture)
Couverture de Québec sous la loi des mesures de guerre. 1918 de Jean Provencher, premier livre numérique que j’ai réalisé pour LUX éditeur

Ève Delmas m’a donc recommandé de concentrer mes efforts sur la préparation de la version numérique du livre qui venait de paraître quelques jours auparavant sur la répression des manifestations qui avaient eu lieu à Québec, en 1918, soulèvements qui avaient conduit à l’instauration de la loi sur les mesures de guerre. L’imposition de cette mesure extraordinaire qui suspend les libertés civiles et donne des pouvoirs d’arrestation arbitraires à la police et permet à l’armée de prendre le contrôle des espaces publics et privés avait dégénéré en bain de sang dans les rues du quartier St-Roch à Québec, où s’étaient massés des manifestants. Alors que les militants pacifistes et des passants étaient pris en souricière, un officier autoritaire (et fou) avait ordonné le déclenchement de salves de mitrailleuse automatique, ce qui avait provoqué de nombreuses morts parmi les personnes non armées rassemblées là pour clamer leur opposition (à la participation du Canada à la guerre et à la conscription) ou ayant eu le malheur de se trouver au mauvais endroit au mauvais moment. J’ai donc pu prendre appui sur les feuilles de style CSS réalisées pour le livre  L’Armée indigène, mais le résultat qui était attendu pour se rapprocher le plus possible de la charte graphique de la version PDF (plus ancienne) de la version papier du livre de Jean Provencher, différait suffisamment pour qu’il devienne nécessaire d’apporter de nombreuses modifications qui paraissent anodines, mais qui font toute la différence dans la manière de nommer les éléments et de qualifier la façon dont ils doivent être mis en forme en relation avec la manière dont ils s’enchaînent. Ce sont des subtilités, mais ce sont le genre de finesses qui requièrent un grand soin pour arriver à rendre ce qui était sur les planches à desseins.

La bonne nouvelle est qu’il reste des progrès à faire…

De plus, comme il fallait partir du fichier InDesign, il était possible de commander la conversion de celui-ci en fichier ePub, mais cela risquait de faire disaparaître le statut particulier de certains éléments qui ne se démarquaient que par leur mise en forme. Il fallait donc jouer d’astuces pour d’abord identifier plus clairement les éléments qui allaient devoir se voir attribuer une classe particulière. J’ai finalement trouvé une manière de procéder qui est prévue par InDesign, et il a fallu aussi prévoir les nom des classes en question avant d’effectuer la conversion afin de pouvoir commander que la classe appropriée soit accordée aux éléments en italique par opposition à ceux qui étaient des éléments marqués comme titres et qui étaient aussi en italique, par exemple. Ce seraient des éléments <em> dans les deux cas, mais avec une classe différente. De plus la réalisation du PDF interactif fut en partie simplifiée par le fait que je partais du document InDesign. Mais dans le processus de conception des livres, les éditeurs n’ont pas encore pris l’habitude de tenir compte du fait qu’un PDF interactif sera souhaité, et Adobe n’a pas prévu la conversion automatique des références croisées en fin de volume lorsqu’on produit des livres divisés en plusieurs documents. Bref, il y a encore de la concertation requise entre éditeurs, concepteurs de logiciels et producteurs de livrels. Le tout étant de savoir quand on compte passer aux ePub 3 de manière plus systématique.


Référence : Jean Provencher, Québec sous la loi des mesures de guerre. 1918, Montréal, Lux éditeur, septembre 2014, Préface de Fernand Dumont, Coll. «Mémoire des Amériques»

Réalisation de la version ePub de Renégats pour Lux éditeur

Mon premier projet d’édition numérique «originale» chez Lux

À l’automne 2014, Renégats est un des premiers livres numériques («livrels») que j’ai été appelé à réaliser pour Lux éditeur* dans le cadre du stage que j’y effectuai en parallèle à ma scolarité de maîtrise.

Un tableau revêche à la conversion vers le format ePub

Couverture de Renégats de Michael Petrou, auteur de cette thèse historique

Cette publication de la thèse remaniée de Michael Petrou sur les Canadiens qui se sont engagés pour aller combattre dans le «cadre» de la guerre civile espagnole présentait une difficulté particulière en raison de l’importance du tableau final. Celui-ci contient l’essentiel des informations dont nous disposons toujours concernant les engagés volontaires en question, qui furent perçus comme des renégats par leurs concitoyens selon Michael Petrou, l’auteur, parce qu’ils allaient se battre sur un territoire qui n’était pas le leur. Or ces jeunes hommes de multiples origines et divers statuts ont tous été lourdement affectés par cette décision de risquer leur vie pour la cause qui leur tenait à cœur. Et cela impliquait que l’on mentionne s’ils avaient été tués ou blessés, et dans ce dernier cas, comment ils étaient morts. Bref, en ajoutant leur profession, leur lieu de naissance et lieu de décès, nous avions plus de neuf (9) colonnes dans ce tableau (10 avec leur nom), et cela n’entrait pas dans un écran de liseuse électronique. Et le tableau présentait plus de 1000 entrées… Alors j’ai transformé le tableau en une série de définitions grâce à un remplacement des séparateurs de colonnes par des virgules. Le premier élément de chaque ligne se voyait défini comme le terme à définir (« <dt> ») et tous ceux qui suivaient étaient inclus dans la définition (« <dd> » pour «description de la définition»). Celle-ci est un élément «en ligne» (inline, par opposition aux éléments de type «bloc») qui peut se recomposer sur une autre ligne, si l’espace horizontal n’est pas assez grand. Or cela ne pose pas problème dans la mesure où, les listes de définitons (car c’est bien ce dont il s’agissait ici, et non pas uniquement d’une série : « <dl> [éléments de la liste de définitions: <dt>nom-engagé, numéro1</dt><dd>Lieu d’origine, date de départ, lieu de la mort ou état au retour, comment est-il mort s’il n’a pas succombé à ses blessures, en quel lieu ?, quelle profession il a occupé entre temps… et ainsi de suite pour les plus de 1000 entrées…] </dl> »…) présentent les termes définis (en l’occurrence les noms des volontaires canadiens) en caractères gras. Les manœuvres que j’ai dû faire (démonter un tableau pour monter une liste de définitions) peuvent par sembler compliquées simplement pour arriver à ce résultat.  Mais c’est plus simple de faire cela que de bidouiller un tableau en html pour qu’il se décompose afin de faire apparaître tout son contenu même quand la largeur de l’écran ne lui permet pas. En effet, au-delà d’un certain seuil, une ligne de tableau ne peut plus se comprimer en largeur, ce qui entraîne une partie du contenu hors du champ de l’écran visible.

Bref, ce fut une bonne idée de simplifier de cette façon. Ce n’est pas le seul défi que j’ai eu à relever. Notamment, il fallait ajuster les légendes des photos pour qu’elles ne dépassent pas trop des photos lorsque celles-ci devaient occuper uniquement un certain pourcentage de la largeur de la page. Mais j’ai eu moins de difficulté à configurer les autres éléments de la feuille de style CSS pour qu’elle corresponde à la charte graphique de la collection «Mémoire des Amériques» parce que je venais d’en créer une conçue à cette fin pour le livre numérique précédent* qui y entra. Je parlerai de cette expérience à l’occasion d’une prochaine entrée de ce portfolio.

Pour terminer, un mot afin d’expliquer pourquoi les guillemets autour de l’adjectif «originale» dans le sous-titre de cette première présentation d’un des récents projets qui jalonnent mon parcours : c’est que cet ouvrage était en fait une traduction.

Mais je dois dire que cela n’enlève rien au fait qu’il s’agissait de la première fois que ce texte était publié en version numérique (Renegades parut en 2008 chez UBC Press)

D’ici là, espérons que nos voisins du Sud ne nous donnent pas un prétexte pour imiter la bravoure de ces romantiques engagés du siècle dernier (en s’empêtrant dans une guerre civile qui ne pourrait pas nous laisser indifférents, malgré — et en partie en raison de — les lignes de démarcation floues entre les opposants).


Image : page couverture de Renégats, version ePub (Lux éditeur, 2015)

* Le premier livrel que j’ai réalisé pour Lux fut Québec sous la loi des mesures de guerre, 1918.