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Deux signes, est-ce que ça fait un sens?

J’ai été frappé par deux articles dans l’édition du Devoir de ce matin, lendemain de la fête du travail au Québec.
Primo, une annonce concernant la création d’une chaire de philosophie nommée Ésope, dirigée par Frédéric Bouchard, ayant étudié la philosophie, en rapport avec l’esthétique, comme moi, mais du point de vue de la philosophie des sciences et particulièrement de la biologie (alors que je le faisais plutôt du point de vue de l’histoire des idées et de la critique littéraire).

Secundo, le fait qu’un professeur au collégial, Mathieu Bélisle, soit l’auteur de l’article paru dans la revue L’Inconvénient, et repris dans la section « Des idées en revue » (du Devoir), pour poser la question du « Nous » dont il se demande s’il est encore possible de prononcer cette expression sans qu’elle ne soit vide de sens « Peut-on encore dire « nous »? ».

Représentation d'Ésope, fameux auteur des fables et contes animaliers qui ont inspiré Jean de La Fontaine
Représentation d’Ésope, fameux auteur des fables et contes animaliers qui ont inspiré Jean de La Fontaine

Si je range ce billet dans une nouvelle section que j’appellerai « Fractions » (Aucun titre n’est parfait. Celui-ci peut paraître froid, si l’on songe uniquement à la dimension mathématique – à laquelle renvoyait déjà Facteurs – mais c’est aussi une référence plus directe à la réalité du numérique qui donne une place de premier plan aux fragments et qui favorise les « factions »… C’est un peu tout cela que j’ai voulu rassembler dans ce mot), c’est que je ne prétends pas avoir résolu quoi que ce soit en identifiant certains points « positifs » pour moi dans cette nouvelle et cette lettre d’opinion. Ce sont donc deux articles intéressants, pour moi. Mais « pour nous » quel est leur intérêt? Et comment peuvent-ils m’interpeller s’ils ne vous touchent pas également?
La problématique me semble bien exprimée par la conclusion de l’article de M. Bélisle.

Descombes nous invite à prendre conscience des limites de telles conceptions [multiculturalisme, pluralisme individualiste libéral] qui, en exerçant sur les individus la contrainte la plus faible possible et en se contentant d’une adhésion minimale, négligent une réalité toute simple, à savoir : que chaque société, qu’elle soit ancienne ou moderne, doit pouvoir se représenter elle-même comme à la fois fermée et ouverte, à défaut de quoi l’emploi du « nous » est sans objet.

Sur ce, bonne suite…

 

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